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Le colorisme pourrait expliquer les inégalités en santé qui touchent les personnes noires américaines à la peau foncée

Une étude révèle que les personnes qui considèrent avoir une peau plus foncée que les autres personnes noires américaines présentent des marqueurs associés à une mauvaise santé
ʳܲé: 19 February 2026

Une étude menée auprès de personnes noires américaines est l’une des premières à montrer que l’intériorisation de messages négatifs sur la peau foncée pourrait être liée à des dommages pour la santé.

L’équipe de recherche a constaté que les Noirs américains à la peau foncée, ou se percevant comme tels, présentaient des marqueurs de vieillissement cellulaire associés à des dommages au système immunitaire et avaient une faible estime de soi. Le vieillissement cellulaire et la faible estime de soi sont tous deux associés à une santé relativement mauvaise.

« Ces données confirment un lien entre les pressions liées au colorisme et des différences sur le plan du bien-être biologique et psychologique chez les Noirs américains », commente l’autrice principale de l’étude, Alexis C. Dennis, professeure adjointe au Département de sociologie de l’Université VRƵ.

Publiée dans le , l’étude est le fruit d’une collaboration entre la Pre Dennis et des collègues aux États-Unis.

Héritage et conséquences sur la santé

Le colorisme, héritage de pratiques coloniales et historiques, est une forme de favoritisme à l’égard des membres d’un groupe racial ayant une couleur de peau plus claire, qui entraîne des inégalités sociales et économiques. Des recherches antérieures ont montré que les Noires et les Noirs américains qui ont la peau foncée ont souvent une santé moins bonne que les personnes noires à la peau claire, mais les mécanismes biologiques et psychologiques qui pourraient expliquer cette disparité demeurent mal connus.

« Les expériences de discrimination et d’inégalité structurelle renforcent le message selon lequel la “blancheur” est valorisée, explique la Pre Dennis. Cela peut nuire à l’estime de soi et causer une souffrance sociale – forme de détresse émotionnelle qui provoque une inflammation chronique – et entraîner, au fil du temps, une accélération du vieillissement cellulaire et une augmentation du risque de diverses maladies. »

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L’équipe a analysé les données de 627 personnes noires adultes américaines qui ont participé à l’étude Nashville Stress and Health Study entre 2011 et 2014. ’étܻ portait sur des Noirs américains descendants d’esclaves et excluait les autres personnes d’origine africaine vivant aux États-Unis. L’équipe a remarqué chez les personnes ayant une peau foncée ou considérant avoir une peau foncée des télomères leucocytaires plus courts et un « sentiment d’importance » moindre que chez les personnes à la peau plus claire, et ce, peu importe leur âge, leur sexe ou leur situation socio-économique.
Les télomères sont des « capuchons protecteurs » situés à l’extrémité des chromosomes dans les globules blancs. Des télomères leucocytaires courts sont associés à une dégradation cellulaire accélérée, à une inflammation chronique et à des dommages au système immunitaire, lesquels accroissent les risques de maladies, comme les maladies cardiaques et le cancer.

Implications pour l’équité en santé

L’équipe de recherche indique que ces résultats mettent en évidence des mécanismes biologiques et psychologiques par lesquels le stress lié au colorisme peut « s’insinuer sous la peau » et entraîner des inégalités en santé.
« Notre travail sur le colorisme et les inégalités est motivé par des questions d’équité et de justice, précise la Pre Dennis. On ne choisit pas la couleur de sa peau, et il est injuste que certaines personnes jouissent d’une meilleure santé que d’autres en raison de leur teint. »
Les chercheurs et chercheuses proposent que, pour de futures études sur des personnes noires, on utilise des biomarqueurs autres que la longueur des télomères, qui, à leur avis, n’est plus le meilleur indicateur du vieillissement épigénétique, et qu’on tienne compte d’autres caractéristiques physiques en plus du teint de la peau.



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« Colorism and Health Inequities among Black Americans: A Biopsychosocial Perspective », par Alexis C. Dennis et coll., a été publié dans la revue Journal of Health and Social Behavior.
DOI : 10.1177/00221465251364373
Financement
’étܻ a été financée par le Duke Aging Center, le Carolina Population Center (Université de Caroline du Nord à Chapel Hill) et l’Eunice Kennedy Shriver National Institute of Child Health and Human Development.

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