³ÉÈËVRÊÓÆµ

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Une étude révèle que la plupart des enfants qui mentent ne deviennent pas des criminels en grandissant

Le mensonge occasionnel est courant et n’a rien d’inquiétant, mais certains comportements peuvent justifier une intervention, selon une chercheuse
a child with fingers crossed behind their back while an adult speaks to them
Image par Getty images.
±Ê³Ü²ú±ô¾±Ã©: 27 May 2026

La plupart des mensonges racontés pendant l’enfance n’entraînent pas de problèmes graves à l’âge adulte, et seuls certains comportements mensongers sont associés à des difficultés d’ordre psychologique ou judiciaire plus tard dans la vie, selon une nouvelle étude.

« L’évolution du comportement mensonger varie d’un enfant à l’autre, explique Victoria Talwar, professeure au Département de psychopédagogie et de psychologie du counseling et autrice principale de l’étude. La plupart des enfants qui ont participé à notre étude mentait peu ou de moins en moins avec le temps. Dans la majorité des cas, le mensonge ne constitue pas un comportement problématique. »

En revanche, les enfants qui mentaient fréquemment ou de plus en plus souvent au fil du temps présentaient davantage de comportements agressifs et impulsifs dès l’enfance. Ils étaient aussi plus susceptibles de présenter des symptômes de personnalité antisociale et d’avoir un casier judiciaire au début de l’âge adulte, précise-t-elle.

Menée par des chercheuses et chercheurs de l’Université ³ÉÈËVRÊÓÆµ, de l’Université de Montréal et du John Jay College of Criminal Justice de New York, l’étude s’appuie sur les données de l’Étude longitudinale des enfants de maternelle au Québec. Les participants fréquentaient des maternelles francophones entre 1986 et 1988.  À l’époque, les chercheurs avaient sélectionné aléatoirement 2 000 enfants afin de constituer un échantillon représentatif. À ce groupe se sont ajoutés 1 017 enfants présentant des problèmes de comportement.

Des tendances suivies pendant plus d’une décennie

Cette étude est l’une des premières du genre.

Les chercheurs ont analysé les données sur les comportements mensongers des participants entre l’âge de 6 et 19 ans, comportements observés par leurs parents et le personnel enseignant, puis ils ont déterminé les participants ayant des tendances semblables (mensonge occasionnel, fréquent, de plus en plus fréquent, etc.).

Ils ont ensuite vérifié si ces tendances étaient associées à d’autres caractéristiques observées pendant l’enfance, comme l’agressivité ou l’impulsivité, ou à des problèmes plus tardifs, notamment des troubles de santé mentale ou des condamnations criminelles. Pour ce faire, ils ont utilisé des données sur les symptômes psychiatriques à 22 ans et sur les casiers judiciaires jusqu’à l’âge de 25 ans.

Des résultats utiles pour les parents, le personnel enseignant et les cliniciens

« Cette étude nous aide à distinguer les comportements qui relèvent du développement normal et ceux pour lesquels il pourrait être utile d’obtenir du soutien dès l’enfance, affirme Victoria Talwar. Elle contribue aussi à réduire la stigmatisation entourant le mensonge et à prévenir plus efficacement les conséquences négatives à long terme. »

« Le fait qu’un enfant mente de façon persistante ou de plus en plus fréquente au fil du temps peut être le signe qu’un soutien et des interventions précoces sont nécessaires, au-delà des simples mesures punitives, surtout lorsque l’enfant montre des comportements agressifs et impulsifs », ajoute-t-elle.

Victoria Talwar, qui étudie depuis longtemps le mensonge chez les enfants, espère que d’autres études suivront les participants pendant leur vie adulte. Elles permettraient d’examiner les répercussions à long terme des comportements mensongers sur les plans social, professionnel et relationnel, et d’aider les cliniciens à soutenir le développement moral et social des gens tout au long de leur vie.

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L’article « », par Victoria Talwar (Université ³ÉÈËVRÊÓÆµ), Angela M. Crossman (John Jay College of Criminal Justice), Kristy Robinson (Université ³ÉÈËVRÊÓÆµ), Marie-Claude Geoffroy (Université ³ÉÈËVRÊÓÆµ), Sylvana Côté (Université de Montréal), Richard E. Tremblay (Université de Montréal) et Frank Vitaro (Université de Montréal), a été publié dans Development and Psychopathology.

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