³ÉÈËVRÊÓÆµ

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Les inégalités économiques, éducatives et de genre pourraient contribuer à une utilisation problématique des médias sociaux par les jeunes

Une première analyse mondiale met au jour des déterminants sociaux de la cyberdépendance et du bien-être numérique
±Ê³Ü²ú±ô¾±Ã©: 11 February 2026

Une nouvelle étude de l’Université ³ÉÈËVRÊÓÆµ indique que l’utilisation problématique des médias sociaux par les adolescents est en partie liée à des inégalités sociales.

Zékai Lu, doctorant au Département de sociologie de l’Université ³ÉÈËVRÊÓÆµ et auteur de l’étude, cherchait à déterminer si l’utilisation problématique des médias sociaux par les adolescents était principalement due à des traits de personnalité, ou si le contexte social du pays dans lequel un adolescent vit jouait aussi un rôle important.

Utilisant un algorithme qu’il compare au Choixpeau – le chapeau magique dans Harry Potter –, le chercheur a analysé des données de l’Organisation mondiale de la Santé sur près de 171 500 adolescents de 41 pays pour regrouper les jeunes en fonction de leurs symptômes et évaluer les liens entre différents facteurs sociaux et économiques et l’importance de leur consommation de médias sociaux.

L’analyse a permis de dégager des tendances régionales claires.

Les adolescents du premier groupe (Canada, pays nordiques et une partie de l’Europe centrale) présentaient les niveaux de consommation problématique les plus faibles : seuls 3,4 % présentaient un comportement très problématique, par rapport à 5,4 % pour le deuxième groupe (pays d’Europe occidentale et centrale) et à 6,6 % pour le troisième groupe (pays d’Europe méridionale et orientale).

Inversement, 67 % des adolescents du premier groupe affichaient une « faible » consommation problématique, par rapport à 57 % dans le deuxième groupe et à 41,3 % dans le troisième groupe.

Zékai Lu a ensuite étudié le rôle que pourraient jouer les contextes social, culturel et économique propres à chaque région.

Des comportements qui s’apparentent à de la dépendance

« L’utilisation problématique des médias sociaux n’est pas qu’une question de temps passé en ligne : elle se manifeste par des symptômes et des comportements qui s’apparentent à ceux d’une dépendance, comme le sevrage, les mensonges et une négligence des activités quotidiennes », explique Zékai Lu.

Si la plupart des adolescents qui utilisent les médias sociaux ne présentent pas de risque de dépendance, l’étude a révélé que, dans l’ensemble, 37,6 % d’entre eux présentaient un risque modéré, tandis qu’environ 4,5 % présentaient un risque élevé et montraient des symptômes semblables à ceux de la dépendance.

Les conclusions de Zékai Lu indiquent que les inégalités sociales liées au genre et aux difficultés économiques sont fortement associées à des risques plus élevés de comportements malsains en ligne.

Les adolescents, en particulier les filles et les personnes qui ont accès à moins de ressources hors ligne, sont plus susceptibles de se tourner vers les médias sociaux pour se divertir à moindre coût ou pallier l’absence d’activités parascolaires. Les jeunes qui passent beaucoup de temps en ligne présentent un risque accru de consommation problématique, ajoute le chercheur.

En outre, chez les jeunes de milieux moins aisés, le fait de côtoyer en ligne d’autres jeunes ou des influenceurs à qui tout semble réussir peut encourager la comparaison sociale et alimenter l’anxiété liée au statut social. Les jeunes utilisatrices et utilisateurs seraient ainsi tentés de satisfaire leur besoin de validation en récoltant des « j’aime » et des commentaires, et en étant très actifs en ligne.

L’importance des relations solides et des habitudes saines

Zékai Lu souligne que son étude met en évidence d’importants facteurs de réduction des risques : relations familiales solides, amitiés bienveillantes et saines habitudes, comme la pratique régulière d’une activité physique.


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 « Mapping adolescent problematic social media use patterns across 41 countries/regions: A multilevel latent class analysis with social determinants », par Zékai Lu, a été publié dans la revue Addictive Behaviors.

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